Quel raid ! 800 km en trois jours. Quand il était rebelle lui-même, le colonel Déby Itno n’avait pas tant d’audace… « Je n’ai jamais vu ça », confie un officier français du dispositif Épervier. En bien ou en mal, la chevauchée des quelque cinquante véhicules du FUC (Front uni pour le changement démocratique) de Mahamat Nour restera dans les annales militaires.

What a raid! 500 miles in 3 days. When he was a rebel himself, Colonel Deby Itno was never so audacious... "I've never seen that," he confided to a French officer of the Sparrow division. For better or for worse, the assault some fifty vehicles of Mahamat Nour's FUC (The Front for Democratic Change) will take its place in the annals of military history.

It began on March 30th. Chief of the Defense Staff of ground forces, General Abakar Youssouf Itno, is killed in combat with several officers, some 60 miles south of Adre. He was the nephew of the head of state. The morale of the troops is diminishing. On April 9th, Mahamat Nour launches his great offensive. He doesn't attack Adre, as he had last December 18th. Too many government forces. He tightens the lock down on the South. One of his columns heads toward the village of Goz-Beida, not far from the Sudanese border. But in a brilliant feint, another column of some thirty vehicles in all, ?immediately takes off secretly across the plains of central Africa and attacks the villages of Salamat, Haraze-Mangueigne and Am Timan. The surprise is total. The garrisons ?fall.

Tout commence le 30 mars. Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Abakar Youssouf Itno, est tué au combat avec plusieurs officiers, à une centaine de kilomètres au sud d’Adré. Il était le neveu du chef de l’État. Le moral des troupes est atteint. Le 9 avril, Mahamat Nour lance sa grande offensive. Il n’attaque pas à Adré, comme le 18 décembre dernier. Trop de forces gouvernementales. Il contourne ce verrou par le Sud. L’une de ses colonnes s’empare de la ville de Goz-Bëida, non loin de la frontière soudanaise. Mais surtout, belle ruse de guerre, une autre de ses colonnes, composée d’une trentaine de véhicules tout au plus, n’hésite pas à passer clandestinement par le territoire centrafricain et part à l’assaut des villes du Salamat, Haraze-Mangueigne et Am Timan. L’effet de surprise est total. Les garnisons se débandent.